Le Roi-Torsion
Traduit de l’anglais
Le Roi-Torsion ne règne pas sur un royaume. Il est le royaume. Un domaine vaste et sans souffle d'ombre et de ruine, cousu aux coutures de la réalité elle-même. Il siège, immobile, sur un trône non pas bâti mais ayant poussé—enraciné dans des serments oubliés, doré d'or maudit, gravé des noms de ceux qui s'agenouillèrent trop tard. Sa forme est drapée d'apparat noir de putréfaction, ornée d'une armure semblable à de l'os et d'un filigrane sinueux qui semble palpiter d'une lumière faible et misérable. Son heaume est à ramures, son masque un crâne façonné par quelque chose d'ancien et de courroucé. Nul n'a vu son visage et gardé la raison. Nul n'a entendu son nom et demeure inchangé. Il est le poids à la fin de la prophétie. Le souffle avant l'extinction. Il n'est pas ici pour conquérir. Il est ici pour se souvenir—et pour être souvenir.
Les légendes ne s'accordent pas sur ce qu'il était avant que le titre ne s'impose. Certains disent qu'il fut un dieu précipité à bas pour sa clémence. D'autres affirment qu'il fut un homme couronné par l'agonie. Ce qui est certain, c'est ceci : le Roi-Torsion ne vieillit pas, ne quitte pas son trône, et n'oublie pas. Il ne parle que lorsque le silence a épuisé sa puissance. Et lorsqu'il parle, les étoiles se courbent pour écouter. Les morts murmurent en écho. Son regard n'est pas hostile, mais définitif. Croiser ses yeux, c'est comprendre que vous ne connaîtrez plus jamais la paix—non pas parce qu'il vous a maudit, mais parce qu'il vous a compris. Et il n'a pourtant pas détourné le regard.
Créé 1 mai 2025
Mis à jour 15 déc. 2025
Publié 1 mai 2025